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Les avancées du projet CoopFemme

9 juillet 2026

Article rédigé par Iddar Fathi, militant pour les droits des amazighes au Maroc-Alumni du Capi 2024

Présentation du projet CoopFemme

Lancé en 2024 dans le cadre du programme CAPI (Cod’Action Plaidoyer International), le projet CoopFemme est une initiative que j’ai développé pour contribuer à l’autonomisation économique des femmes amazighes et renforcer leur participation au développement durable de leurs territoires, en particulier dans les zones rurales de la région de Guelmim-Oued Noun. Cette initiative s’inscrit dans les principes des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’égalité entre les sexes, le travail décent et la réduction des inégalités. Elle rejoint également les orientations internationales promues par ONU Femmes en matière d’autonomisation économique des femmes.

La première phase du projet a reposé sur un diagnostic participatif mené auprès de coopératives féminines et de femmes rurales amazighes. Cette démarche a permis d’identifier plusieurs contraintes majeures : un accès limité aux marchés, un manque de formation en gestion et en entrepreneuriat, une faible visibilité des produits du terroir ainsi que les impacts croissants des changements climatiques sur les activités économiques locales.

Ces constats confirment les analyses internationales soulignant les inégalités persistantes auxquelles les femmes rurales sont confrontées dans les systèmes agroalimentaires, notamment en matière d’accès aux ressources, aux financements et aux opportunités économiques. Ils mettent également en évidence la nécessité d’agir simultanément sur le développement des compétences, l’amélioration des revenus et la valorisation des ressources locales.

Références

Les 3 axes du plan d’action du projet CoopFemme

Premier axe : Valorisation de l’arganier

Le premier axe concerne la valorisation de l’arganier (ⴰⵔⴳⴰⵏ), ressource naturelle emblématique des territoires amazighs du sud du Maroc. Le projet accompagne les coopératives féminines dans l’amélioration des pratiques de récolte, de transformation et de commercialisation des produits dérivés de l’argan, tout en promouvant une gestion durable de cette ressource.

L’arganier représente un patrimoine culturel, environnemental et économique d’importance mondiale. Les pratiques et savoir-faire liés à l’arganier sont inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Par ailleurs, l’Arganeraie marocaine est reconnue Réserve de biosphère par l’UNESCO en raison de son rôle dans la préservation de la biodiversité et le développement durable des communautés locales.

À travers cet axe, CoopFemme contribue à l’amélioration des revenus des femmes rurales tout en participant à la préservation des écosystèmes et à la transmission des savoir-faire traditionnels amazighs aux générations futures.

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Deuxième axe : Valorisation de la figue de Barbarie

Le deuxième axe du projet est consacré à la valorisation de la figue de Barbarie (ⵜⴰⴽⵏⴰⵔⵉⵜ), produit agricole emblématique des régions arides et semi-arides du Maroc. Le projet met l’accent sur le développement de produits transformés à forte valeur ajoutée ainsi que sur l’amélioration des techniques de conditionnement, de commercialisation et de promotion.

La FAO considère la figue de Barbarie comme une culture particulièrement adaptée aux conditions climatiques difficiles grâce à sa résistance à la sécheresse et à sa contribution à la sécurité alimentaire. Son potentiel économique constitue une opportunité importante pour renforcer la résilience des communautés rurales face aux défis environnementaux et climatiques.

En valorisant cette ressource locale, CoopFemme favorise la diversification des revenus des femmes rurales tout en renforçant l’attractivité des produits du terroir amazigh sur les marchés régionaux et nationaux.

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Troisième axe : Renforcement des capacités des femmes amazighes

Le troisième axe du projet porte sur le renforcement des capacités des femmes amazighes à travers l’organisation de formations en gestion coopérative, entrepreneuriat, leadership, marketing, commercialisation et droits économiques.

Cette approche s’appuie sur les principes promus par l’Organisation internationale du Travail concernant le rôle des coopératives dans le développement économique inclusif. Elle rejoint également les recommandations d’ONU Femmes qui soulignent l’importance du leadership féminin dans les processus de développement et de gouvernance locale.

Les formations dispensées ont permis aux participantes d’acquérir de nouvelles compétences techniques et managériales, d’améliorer la gestion de leurs coopératives et de développer des activités génératrices de revenus. Elles ont également contribué à renforcer leur confiance et leur participation aux processus décisionnels au sein de leurs communautés.

Au cours de cette première année, CoopFemme a également développé des partenariats avec plusieurs acteurs de la société civile et des institutions engagées dans la promotion des droits des peuples autochtones et de l’autonomisation des femmes. Grâce à ces partenariats, le projet a renforcé sa visibilité, élargi son réseau d’action et ouvert de nouvelles perspectives de coopération au bénéfice des coopératives féminines amazighes.

Ces collaborations s’inscrivent dans les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui reconnaît le droit des peuples autochtones à participer pleinement à leur développement économique, social et culturel. Elles sont également en cohérence avec les orientations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme relatives à la protection des droits des peuples autochtones.

Références

Le développement de CoopFemme en plein essor

Perspectives et conclusion

Aujourd’hui, CoopFemme poursuit son développement avec l’ambition de consolider les acquis obtenus et d’élargir son impact territorial. Le projet vise à renforcer davantage les coopératives féminines, à améliorer leur accès aux marchés, à promouvoir les produits du terroir amazigh et à encourager des initiatives économiques respectueuses de l’environnement.

Cette vision s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable et dans les principes du Protocole de Nagoya relatifs à l’utilisation durable des ressources naturelles et au partage équitable des bénéfices qui en découlent. Elle rejoint également les recommandations de la FAO concernant la contribution essentielle des femmes autochtones à la préservation de la biodiversité et au développement durable.

À travers ses trois piliers  la valorisation de l’arganier, la valorisation de la figue de Barbarie et le renforcement des capacités des femmes amazighes CoopFemme démontre que les femmes autochtones constituent des actrices majeures du développement durable, de la préservation du patrimoine culturel et naturel et de la résilience économique des territoires amazighs.

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